Un concert anniversaire
—— En décembre 2017, vous donnerez un concert à Tokyo pour célébrer vos 50 ans de carrière en tant que compositeur. Vous jouerez beaucoup de vos titres à succès, mais en leur apportant une touche d’originalité. Qu’est-ce qui vous pousse à continuer à créer avec autant de passion ?
MURAI Dès que je me réveille le matin, j’ai de la musique dans la tête. Je prends énormément de plaisir à sélectionner des chansons pour le concert et à réfléchir aux divers arrangements possibles. Je peux aussi bien arranger une chanson dans un style « big band » que demander à un artiste en particulier de l’interpréter avec son propre style.
« Quelle est la place de la musique japonaise dans le contexte historique de la musique occidentale ? », ou encore « quelle direction ma musique doit-elle prendre ? », voici les questions que je me pose depuis de nombreuses années. Le jazz et le rock sont apparus au XXe siècle, mais quels nouveaux genres émergeront sur la scène musicale à l’avenir ? Si un nouveau courant apparaît, d’où viendra-t-il ? J’aime réfléchir sur l’histoire de la musique dans son ensemble.
—— La distribution de musique en ligne a réduit les ventes de CD. Mais dans le même temps, on assiste à un regain d’intérêt pour les disques vinyle. Le public aujourd’hui semble rechercher de la diversité dans la musique. Quel est votre avis sur ces changements ?
MURAI À l’heure actuelle, il est impossible de prévoir l’impact de la numérisation et de la grande révolution d’Internet sur l’industrie de la musique. Le fait que les droits musicaux aient pratiquement perdu toute leur valeur est un problème grave. Mes espoirs se portent sur les concerts : c’est là qu’on peut ressentir physiquement la musique. Je pense qu’il y aura de plus en plus de personnes qui iront voir des concerts live. Je souhaite que le public écoute de la bonne musique en bonne qualité. Aujourd’hui, je veux me concentrer sur ce que je peux faire pour rendre cela possible.

(Photo de titre : Murai Kunihiko lors du concert célébrant son 70e anniversaire au Bunkamura Orchard Hall, à Tokyo, 27 et 28 septembre 2015. © Miura Kenji, avec l’aimable autorisation du Nippon Broadcasting System/Hot Stuff Promotion)
(*1) ^ Au cours des années 1930, Kawazoe a étudié à Paris, où il a rencontré Robert Capa, Salvador Dali et Jean Cocteau. Il a supervisé les performances de la troupe Azuma Kabuki en Europe et en Amérique du Nord de 1954 à 1956.
(*2) ^ Un des tous premiers restaurants italiens au Japon, qui a ouvert ses portes à Tokyo en 1960.
(*3) ^ Eddie Barclay était une personnalité très célèbre dans l’industrie musicale française des années 1960 et 1970. Barclay Records a notamment produit les albums de Charles Aznavour et Jacques Brel.
(*4) ^ Jerry Moss a fondé A&M Records avec Herb Alpert en 1962. A&M est plus tard devenu l’une des maisons de disques indépendantes les plus importantes des années 1960, jusqu’aux années 1980. Parmi les artistes produits par A&M, on trouve The Carpenters, Carole King, the Police, Sting, Supertramp, Burt Bacharach ou encore Quincy Jones.