La culture alimentaire s’abreuve à l’eau du mont Iide
Quelques mots sur l’histoire et le climat de Kitakata.
La région s’appelait déjà Kitakata (littéralement « dans le nord ») à l’époque d’Edo (1603-1868), du fait qu’elle se trouvait dans le nord du domaine d’Aizu. Dès cette époque la région était réputée pour son libéralisme en matière commerciale, surtout par rapport au château seigneurial situé à Wakamatsu, beaucoup plus contrôlé. Puis, en 1875, cinq villages ont fusionné, et un édile respecté a été sollicité pour baptiser la nouvelle ville, avec la même prononciation, mais écrit avec des caractères auspicieux : Ki = la joie, Ta = abondance, Kata = la région, « Là où la joie est abondante ». C’est ainsi que le nom s’est fixé.
La production de saké, de sauce soja et de miso est florissante dans cette région, où l’industrie brassicole est soutenue par le torrent Tsugamine du mont Iide, l’une des 100 meilleures eaux du Japon. Une eau excellente qui fait du bon saké et de la bonne sauce soja, et bien sûr de bonnes nouilles et du bon bouillon.
Les nombreuses brasseries de sauce soja que compte la région sont également un grand avantage. La soupe du Makoto a été créée par des magasins de sauce soja locaux. Selon le type de sauce soja utilisé, le goût de la soupe et du rôti de porc sera différent. Chaque enseigne peut également commander des produits exclusifs. Cela permet à chaque restaurant d’élaborer sa propre individualité et à de nombreux restaurants de coexister.
Des nouilles nées grâce à un esprit libre
À Kitakata, l’essor du quartier des brasseries avait précédé celui des râmen. Dans les années 1970, une exposition de photos et un programme télévisé ont déclenché un boom du nombre de touristes venus visiter les entrepôts des brasseurs qui bordent les rues. Cependant, il aurait été dommage pour les visiteurs de partir après avoir simplement flâné dans la ville. Ainsi, en 1983, le service du tourisme de la ville s’est associé à un magazine de guides touristiques pour vendre les populaires nouilles râmen de la ville.
Les émissions de télévision et les magazines se sont succédés pour couvrir l’événement, et le nombre de touristes a littéralement explosé. C’est également à ce moment que la renommée de la chaîne Kitakata râmen Bannai s’est répandue dans tout le pays.
En 1987, 40 magasins de râmen et 5 entreprises de fabrication de nouilles se sont regroupés et ont fondé l’Association du râmen de la ville. Un plan de ville identifiant les magasins membres fut distribué aux visiteurs, ce qui a permis de populariser les tournées des magasins de râmens.
L’Association du râmen a travaillé à établir une charte de façon à ce que la qualité du goût, du service à la clientèle et de l’hygiène ne soit pas compromise et que la marque Kitakata râmen soit protégée, alors même que le nombre de clients augmentait rapidement avec le boom.
« Cette coopération serait difficile dans d’autres villes en raison de la concurrence entre les acteurs du même secteur. Mais Kitakata a toujours été une ville de commerce avec une atmosphère ouverte », déclare Bannai Shôichi.
Cette ouverture d’esprit résulte sans doute du fait que Ban Kinsei a diffusé sa recette, et que le fondateur de Bannai a coopéré avec la chaîne de magasins. Le secret de la popularité des râmen de Kitakata réside dans son esprit libre, c’est ce dont ce petit voyage nous a fait prendre conscience.
(Reportage, texte et photos de Nippon.com. Avec la collaboration de l’Association de tourisme de Kitakata)






