Au Japon, la police a reçu plus de 22 000 signalements et demandes de consultation concernant des faits de stalking (harcèlement obsessionnel) en 2025. Cette même année, le nombre d’infractions enregistrées à la loi anti-stalking a atteint un niveau record.

Les consultations repartent à la hausse

Selon une enquête de l’Agence nationale de la police, les forces de l’ordre ont reçu 22 881 demandes de consultations concernant des faits de stalking en 2025, soit une hausse de 16,9 % par rapport à l’année précédente. C’est la première fois depuis 2020 que ce chiffre dépasse les 20 000 cas.

Le nombre d’affaires poursuivies pour violation de la loi anti-stalking a, quant à lui, augmenté de 15,3 %, pour atteindre 1 546 cas. Il s’agit d’un nouveau record pour la quatrième année consécutive.

Évolution du nombre de demandes de consultations pour des cas de stalking au Japon

La Loi anti-stalking est entrée en vigueur en novembre 2000, un an après l’affaire Okegawa dans la préfecture de Saitama en 1999, dans laquelle l’étudiante Ino Shiori avait été poignardée à mort après avoir été harcelée pendant des mois par un homme qu’elle avait brièvement fréquenté.

Cette législation permet à la police de prendre des mesures administratives à la demande de la victime, notamment en adressant des avertissements officiels aux auteurs présumés ou en leur imposant des interdictions formelles de poursuivre leurs agissements.

Le non-respect de ces mesures est passible de sanctions pénales. Certains auteurs sont également arrêtés pour d’autres infractions, notamment des agressions, des violences ayant entraîné des blessures ou des intrusions illégales.

En 2025, la police a émis 1 577 avertissements au titre de cette loi, soit 98 de plus que l’année précédente (+6,6 %). Elle a également prononcé 3 037 interdictions, en hausse de 622 cas (+25,8 %).

Les intrusions illégales, première infraction recensée

Le nombre d’affaires liées au stalking poursuivies en vertu du Code pénal ou d’autres lois spéciales a progressé de 24,6 %, pour atteindre 2 171 cas. Il a ainsi dépassé pour la première fois le seuil des 2 000 affaires, établissant un nouveau record.

Parmi les infractions recensées, les intrusions illégales arrivent en tête, avec 437 cas. Viennent ensuite les menaces (292 cas), les agressions (159), les violences ayant entraîné des blessures (153) et les agressions sexuelles (146). Deux affaires de meurtre et 14 tentatives de meurtre ont également été enregistrées.

Évolution du nombre de cas de stalking traités par la police par type d’infraction

Selon l’Agence nationale de la police, 86,9 % des victimes des affaires de stalking traitées par les forces de l’ordre étaient des femmes, contre 13,1 % d’hommes. Du côté des auteurs, 80,1 % étaient des hommes et 12,3 % des femmes. Dans les 7,6 % de cas restants, le sexe de l’auteur n’était pas connu.

Les victimes étaient principalement âgées de l’adolescence à la quarantaine, tandis que les auteurs présumés se situaient surtout dans les tranches d’âge allant de la vingtaine à la cinquantaine.

Dans environ 40 % des affaires, l’auteur était le partenaire actuel ou l’ancien partenaire de la victime. Le lien le plus fréquemment observé ensuite était une relation amicale ou une connaissance, suivi des relations entre collègues de travail.

Données utilisées