Un véritable amour de la lecture
Il y a un autre côté des habitants de l’Archipel sur lequel je voudrais aussi insister, à savoir leur amour pour la lecture qui est à l’origine même du développement des mangas. Dès l’époque d’Edo (1603-1868), le Japon avait déjà le plus grand nombre de lecteurs assidus non seulement de l’Asie mais aussi du monde entier. Et cette passion ne s’est pas démentie jusqu’à aujourd’hui.
Le Dit du Genji (Genji monogatari) écrit au XIe siècle par une dame de la cour appelée Murasaki Shikibu est considéré comme le roman le plus ancien du monde. Et il est toujours aussi apprécié grâce aux multiples adaptations et autres mises en scène auxquelles il a donné lieu. À l’époque d’Edo, il figurait déjà au nombre des livres préférés des femmes. C’est ce qui explique, semble-t-il, l’apparition et le succès toujours aussi grand des mangas pour jeunes filles (shôjo manga).
À cela il faut encore ajouter les arts traditionnels de la scène comme le kabuki et le nô, ainsi que la céramique japonaise dont la créativité exceptionnelle fascine non seulement les collectionneurs mais aussi les potiers du monde entier. Et il y a aussi bien entendu les innombrables chefs-d’œuvre de la littérature japonaise si appréciés par les lecteurs les plus chevronnés.
Cela fait des années que tout le monde se demande si Murakami Haruki va enfin avoir le prix Nobel de littérature. Peu importe ! Même s’il ne l’obtient pas, il restera sans nul doute l’un des écrivains majeurs de son temps. Son nom est d’ailleurs devenu un adjectif, notamment en Chine où l’on qualifie volontiers l’ennui caractéristique des jeunes citadins de « murakamiesque ».
Bref, il n’y a pas beaucoup d’autres pays dans le monde qui ont en engrangé de façon continue un aussi large éventail de richesses culturelles.
Des visiteurs séduits dès leur premier séjour
Le Japon améliore par ailleurs son image jour après jour grâce à toutes les personnes anonymes qui sont en contact avec les visiteurs venus de l’étranger. Conducteurs de trains, chauffeurs de taxi, employés de grands magasins ou réceptionnistes. La dignité dont ils font preuve dans leur travail, si humble soit-il, est toujours impressionnante.
Le gouvernement du Premier ministre Abe Shinzô a pris des mesures pour assouplir les restrictions concernant l’attribution de visas touristiques et même les supprimer complètement dans certains cas. Du coup, le nombre des voyageurs venus d’autres pays a explosé. Il est en effet passé de 8,4 millions en 2012, juste avant le retour au pouvoir de M. Abe, à plus de 31 millions en 2019.
La plupart des touristes qui viennent pour la première fois au Japon rentrent semble-t-il chez eux avec une bonne impression. Cela ne veut-il pas dire que notre pays est plutôt doué en termes de relations publiques ?
Ceci dit, il y a encore des points sur lesquels les Japonais ont des progrès à faire dans le domaine de la communication. J’expliquerai en détails en quoi ils consistent dans la seconde partie de mon article. Pour l’instant, je me contenterai de dire qu’à mon avis, le gouvernement japonais et les entreprises de l’Archipel doivent reconsidérer sérieusement leur stratégie en matière de relations publiques extérieures afin de trouver le moyen de régler les problèmes qui se posent.
(Photo de titre : des supporters japonais en train de soutenir leur équipe pendant le match qui a opposé l’ Écosse et le Japon le 13 octobre 2019 au stade international de Yokohama, dans le cadre de la Coupe du monde de rugby. Jiji Press)
