Techniques et outils uniques développés au fil du temps

Le son des marteaux métalliques qui claquent retentit dans tout l’atelier. Les artisans portent des bouchons d’oreille, mais même comme cela, beaucoup de travailleurs âgés confient qu’il leur est devenu difficile de percevoir les sons aigus.

Les hauts plafonds de l’atelier atténuent les échos des bruits de marteaux, tandis que les grandes fenêtres contribuent à éclairer l’espace.

Les instruments qui ornent les murs et les piliers de l’atelier portent le nom de toriguchi. Il s’agit d’un type d’outil qui n’est utilisé que chez Gyokusendô et qui sert à soutenir les morceaux de cuivre lorsqu’ils sont travaillés. Les toriguchi sont insérés dans les trous d’une base en bois, ou agariban, similaires au pied d’un arbre coupé. L’artisan s’assied sur l’agariban, fixe le morceau de cuivre dans le toriguchi et le façonne avec le marteau en métal. Les types de toriguchi varient selon le processus et la forme de la pièce, et chaque pièce nécessite l’utilisation d’au moins 20 ou 30 différents toriguchi. Gyokusendô en possède près de 300 types, et pas moins de 200 marteaux en métal.

En haut à gauche : les toriguchi cloués à l’agariban. En haut à droite : l’agariban sert de base au martelage et permet la création d’une grande variété de courbes dans les pièces en cuivre. En bas : des toriguchi de toutes tailles et de toutes formes

Une fois chauffé, le cuivre conserve sa malléabilité même après refroidissement. Cependant, il durcit rapidement car sa taille est réduite par le martelage. Les pièces sont martelées à plusieurs reprises, recuites dans un four pour les ramollir, et retapées à nouveau pour former de beaux objets en cuivre.

Le chef-artisan Tamagawa Tatsushi remet au four une pièce de cuivre.