Les effrayantes créatures folkloriques d’Akita

Akita est une préfecture riche en coutumes traditionnelles : on y trouve 17 rituels reconnus par le Japon comme « Biens culturels folkloriques intangibles importants ». L’un des plus célèbres est le rituel du namahage de la péninsule d’Oga. Chaque réveillon du Nouvel An, des hommes déguisés en divinités terrifiantes vont de maison en maison en s’écriant : « Y a-t-il des enfants qui pleurent ou qui n’obéissent pas à leurs parents ? » Ils effraient les enfants en grognant et en brandissant d’énormes couteaux. Le namahage ainsi que d’autres raihôshin (divinités visitant les communautés) ont été inscrits au patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2018. (Voir notre article lié : « Raihô-shin », les visites rituelles de divinités masquées)

Un namahage, vêtu de paille de riz, montrant son effrayant masque (© Pixta).
Des namahage, vêtus de paille de riz, montrant leur effrayant masque et brandissant leur couteau. (Pixta)

Chaque année du 3 au 6 août, la capitale d’Akita accueille le Kantô matsuri, qui est le festival des perches-lanternes d’Akita. Des grands défilés ont lieu la nuit, pendant lesquels les participants portent de longues perches en bambou (kantô) soutenant plusieurs dizaines de lanternes allumées. Ces perches-lanternes, qui pour certaines culminent à 12 mètres de haut et pèsent plus de 50 kilos, symboles des plants de riz mûrs, sont portées par des hommes appelés sashite. Ils offrent une démonstration de leurs techniques en équilibrant les bâtons sur leurs mains, leurs hanches et même leur front. Lors de la plus grande soirée du festival, les kantô défilent dans la nuit en se balançant, formant un grand fleuve de lumière. (Voir notre article lié : Quatre grands festivals du Tôhoku [2] : le Kantô matsuri d’Akita)

Des rangées de kantô défilant dans les rues d'Akita (© Photolibrary).
Des rangées de perches-lanternes kantô défilant dans les rues d’Akita (Photolibrary)

Ragoût et saké

La renommée d’Akita pour sa riziculture est reflétée dans sa cuisine traditionnelle, comme le kiritanpo. Cette spécialité en forme de cylindre, fabriquée à partir de riz pilé puis enroulé autour d’un bâton en bois avant d’être cuit directement sur le feu, est utilisée dans un nabe (marmite en japonais) dans lequel on retrouve d’autres ingrédients comme des champignons, du persil japonais et du poulet. Dans l’authentique kiritanpo-nabe, on utilise du hinai-jidori, une variété de poulet prisée pour sa viande succulente. Élevé historiquement autour des sources montagneuses de la rivière Yoneshiro, au nord de la préfecture, le hinai-jidori, avec son magnifique plumage, fait partie des animaux reconnus comme « Monument naturel », tout comme le chien Akita.

(Voir notre article lié : La gastronomie japonaise de l’hiver : trois succulentes marmites « nabe »)

Les habitants d’Akita aiment se réchauffer l’hiver en dégustant un kiritanpo-nabe (© Photolibrary).
Les habitants d’Akita aiment se réchauffer l’hiver en dégustant un kiritanpo-nabe. (Photolibrary)

Avec son long littoral, Akita jouit d’une grande variété de produits de la mer. Parmi ceux-ci, le hatahata, un poisson généralement dégusté grillé avec du sel ou cuit à l’étouffée dans du miso. Le poisson peut également être fermenté pour faire une sauce piquante appelée shottsuru, l’ingrédient clé du shottsuru-nabe, un ragoût traditionnel des régions côtières fait de légumes et de hatahata.

Shottsuru-nabe, un délicieux ragoût que l'on peut déguster dans les zones côtières. (© Pixta)
Shottsuru-nabe, un délicieux ragoût que l’on peut déguster dans les zones côtières. (Pixta)

Inaniwa udon, un type de nouilles de blé faites à la main, est une spécialité de la ville de Yuzawa, dans le sud de la préfecture. Plus fines que la plupart des autres types d’udon, les nouilles se mangent très facilement. Les inaniwa, avec les sanuki de la préfecture de Kagawa et les mizusawa de Gunma, sont considérés comme les trois grandes variétés d’udon du Japon.

Un bol chaut et fumant d'inaniwa udon. (© Pixta)
Un bol chaud et fumant d’inaniwa udon (Pixta)

Akita est aussi l’un des principaux producteurs de saké du Japon, se classant cinquième au niveau national pour le volume de saké brassé. Les habitants d’Akita sont également connus pour êtres de bons buveurs. De nombreux saké célèbres proviennent d’Akita, ainsi que des plats d’accompagnement traditionnels comme l’iburigakko (radis daikon mariné et fumé).

L'iburigakko est un plat traditionnel croquant et à la saveur fumée unique. (© Pixta)
L’iburigakko est un met traditionnel croquant et à la saveur fumée unique. (Pixta)

Les beautés d’Akita

L’exceptionnelle beauté des femmes d’Akita (Akita-bijin, « belles personnes d’Akita ») est connue du Japon entier : c’est une réputation qui remonte à la période Heian (794-1 185) et à la célèbre poétesse Ono no Komachi. La beauté est un concept subjectif, mais on peut tout de même attribuer cette réputation au climat frais et humide de la préfecture, associé à un ciel souvent couvert et à un air frais, qui contribuent à conserver une peau saine et d’apparence jeune.

Ono no Komachi, à droite, dans Hyakunin isshu (Cent poèmes de cent poètes), une compilation de poèmes classiques japonais datant de 1680 (avec l'aimable autorisation de la Bibliothèque nationale de la Diète).
Ono no Komachi, à droite, dans Hyakunin isshu (« Cent poèmes de cent poètes »), une compilation de poèmes classiques japonais datant de 1680 (avec l’aimable autorisation de la Bibliothèque nationale de la Diète).

Dialecte local

Akita, tout comme son voisin Aomori, ou encore Okinawa à l’autre bout du pays, est connu pour son dialecte unique, qui pour le reste de la population est souvent incompréhensible. Appelé Akita-ben, il est caractérisé par son vocabulaire riche en termes locaux et une intonation distincte, dont la brièveté fait qu’une conversation habituelle est réduite en seulement quelques syllabes courtes...

(Texte de Nippon.com. Photo de titre : Pixta)