L’histoire du parapluie au Japon
Le Japon possède une longue et riche histoire du parapluie. Dès l’époque de Kamakura (1185-1333), on remarque aussi bien des chapeaux-parapluie que des parapluies portatifs, tels qu’ils sont représentés sur les rouleaux peints de l’époque. À l’époque de Muromachi (1333-1568) apparaît le parapluie à baleines de bambou tendu de papier japonais huilé, qui deviendra le parapluie japonais traditionnel tel que nous le connaissons. Le parapluie japonais traditionnel sous sa forme canonique (wagasa) s’est répandu à l’époque d’Edo (1603-1868), d’après le fabricant Tsujikura (à Kyoto) qui en fabrique depuis 1690. Les parapluies occidentaux, eux, ont été introduits vers 1880, et ont rapidement pris la place du wagasa dans tout le pays grâce à leur supériorité en termes de durabilité, de légèreté et coût. Et puis, ils sont bien plus assortis aux vêtements occidentaux.
Apparu en Allemagne en 1928, le parapluie pliant est devenu un succès mondial. Le Japon l’a adopté parce qu’il est pratique à transporter.
En 1958, un fabricant de parapluie du quartier d’Asakusa, à Tokyo, a inventé le premier parapluie en vinyle du monde. Le parapluie transparent est devenu célèbre dans le monde entier après les Jeux olympiques de Tokyo en 1964. Assez cher au début, il est maintenant produit en masse à l’étranger et on le trouve aujourd’hui dans n’importe quelle supérette konbini, pour un prix entre 500 et 1 000 yens. Récemment, on trouve aussi des parapluies en vinyle haut de gamme, avec des fonctionnalités améliorées.
Le parapluie traditionnel wagasa a connu une longue période de déclin. Mais à Kyoto, les maiko et les geiko continuent de l’utiliser, et certaines auberges ou restaurants traditionnels l’utilisent comme décoration intérieure, ou pour accueillir ou raccompagner les clients. C’est actuellement un article en plein essor auprès des touristes et des jeunes. Les plus recherchés sont ceux à motifs d’estampes ukiyo-e et de gravures sur bois.
Un classique de l’objet trouvé
Un nombre conséquent de parapluies sont déposés dans les boîtes et les postes de police comme objets trouvés à Tokyo. Parmi ceux-ci, les parapluies en plastique sans aucune identification du propriétaire ne sont pas conservés et sont jetés immédiatement, ce qui pose un problème d’élimination.
Face à cette situation, un projet privé a été lancé pour réduire à zéro le nombre de parapluies jetables au Japon d’ici 2030. L’objectif est de réduire l’impact environnemental en développant le marché du parapluie de location et de partage, en augmentant le nombre de lieux de restitution et de retour de parapluies. Une société qui exploite ce marché du partage de parapluies s’est alliée avec huit grandes entreprises japonaises sur ce projet.
(Toutes les photos sont de Nippon.com, sauf mention contraire. Remerciements à Shoes Selection)

