Alliage de tradition et d’innovation
Les pièces de cuivre Gyokusendô se déclinent sous un grand nombre de formes. Les cuivres ont des types de surface différents : certains ont un motif martelé appelé ôtsuchime, d’autres ont un motif tout en nuances obtenu à l’aide de marteaux fins. Il y a également des objets gravés. Les couleurs des objets vont des tons proches de la couleur originale du cuivre aux teintes uniques créées par trempage des pièces dans des solutions de sulfure de potassium, en les plaquant avec de l’étain, ou en utilisant d’autres techniques spéciales.
Les techniques artisanales tsuiki ont vu le jour à la fin du XVIIIe siècle, dans la région correspondant à l’actuelle préfecture de Niigata, grâce à un artisan venu de Sendai. Près de Tsubame se trouvaient d’une part la mine de cuivre de Maze (située dans le quartier actuel de Nishiura, dans la ville de Niigata) et d’autre part celle de Shitadagô (actuelle ville de Sanjô), où l’on y produisait du charbon de bois. L’industrie s’est ainsi développée grâce à ces trois éléments : la technique, les matériaux et le combustible. Aujourd’hui, ce métier n’est plus exercé qu’à Tsubame. Préserver la tradition est « extrêmement difficile », confie le maître-artisan Tamagawa Tatsushi.
« Pour beaucoup, l’artisanat traditionnel signifie simplement continuer à faire les choses comme elles l’étaient autrefois. Mais ce n’est pas si simple. Par exemple, la mine de Maze a fermé, si bien que maintenant, nous utilisons des feuilles de cuivre importées d’Amérique du Sud. Même si nous voulions faire les choses exactement de la même manière, les matériaux que nous utilisions depuis de nombreuses années pourraient ne plus être disponibles, et les outils que nous connaissons ne seront peut-être plus fabriqués. Nous parcourons le monde entier à la recherche de matériaux de substitution et de nouveaux outils. En conséquence, il nous faut adapter nos techniques de production si nous voulons préserver l’artisanat traditionnel. »


