Ces derniers temps, des créations (gastronomiques entre autres) attirent l'œil et permettent aux produits de la mer japonais de connaître un regain d’intérêt, notamment parmi les jeunes.
Tout d’abord attirer l’œil
Le kaisendon est un bol de riz blanc vinaigré garnis de tranches de poissons crus et de fruits de mer. Là où il diffère du sushi simple, c’est dans le plaisir des yeux qui étoffe ce repas copieux. Depuis plusieurs années, une nouvelle vague de kaisendon attire les consommateurs.
L’origine de cet engouement ne se trouve pas dans un port de pêche, mais au centre de Tokyo, plus précisément au sous-sol du grand magasin Daimaru. C’est ici où le stand Takimoto propose un type de kaisendon baptisé « Mille-Feuille ». Le nom peut paraître un peu démesuré mais on ne peut nier que cet assortiment de produits de la mer et de riz dans sa boîte carrée transparente nous donne l’aspect d’un coffre au trésor sorti de la mer.
Ce type de kaisendon on ne peut plus original est composé de sept couches. La couche supérieure se constitue d’ingrédients de qualité tels l’ormeau, le caviar de saumon, et le crabe. Les couches de pâte et de crème du mille-feuille classique sont remplacées par du riz vinaigré, des œufs de morue salés, des feuilles de moutarde et des auriculaires, entre autres.
Le récipient transparent permet d’admirer les belles couches de tous les côtés et en fait un sujet idéal pour les posts sur Instagram.
Un succès permanent
HoppeTown, le marché en sous-sol de Daimaru, est relié à la sortie nord Yaesu de la gare de Tokyo. L’allée des bentô fait 60 mètres de long, avec de multiples devantures proposant aux voyageurs des repas à emmener lors de leurs longs voyages en train. Il existe plus de mille variétés de bentô proposées au cours de l’année, et Takimoto jouit d’un succès permanent.
Deguchi Noboru, gérant de la succursale de Takimoto à Daimaru, explique la popularité de ses produits en affirmant fièrement que le visuel est important, mais que ce n’est pas uniquement une question d’esthétique : une attention particulière est mise sur l’assaisonnement du riz et la sélection des garnitures.
En 2010, Takimoto lance d’abord une option plus onéreuse, le « Zeitaku Mille-feuille » (zeitaku signifie « luxueux »). Le bouche à oreille assure son succès, mais c’est lors du lancement de « Dream Pretty », la version un peu plus petite et plus abordable, en 2020, que sa popularité parmi les jeunes utilisatrices talentueuses de réseaux sociaux se concrétise.
Aujourd’hui, ce produit à succès est désormais bien ancré dans le quotidien des consommateurs.
Des brochettes de sashimi et des « parfaits » au sushi
Le Sushi Café Kanno, au sein du marché extérieur de Tsukiji, détonne avec son aspect super-branché. Il attire la clientèle avec ses propositions de formules qui allient une boisson à deux sushis de thon et saumon.
Depuis longtemps, Tsukiji propose des brochettes d’omelette sucrée tamagoyaki appelées kushitama, mais le produit phare de cet établissement est le Osashimi-kushi, une brochette de sashimi de thon et de saumon.
L’établissement propose aussi son « parfait au sushi », disponible en grande et petite taille. Un tamagoyaki en forme de cœur est posé sur du thon, du saumon, des crevettes et des calamars, et le tout est garni d’œufs de lompe. Ce mets est apprécié par toutes les tranches d’âge.
Sushi Café Kanno fait partie du même groupe que Tsukiji Kanno, un restaurant proposant des sushi traditionnels ainsi que des kaisendon, ce qui assure la qualité du poisson. Selon la propriétaire, Kanno Miho, « avec l’ouverture du café, nous avons voulu aller au-delà des idées reçues et proposer aux étrangers et aux plus jeunes du bon sushi à un prix abordable. Même la petite taille est copieuse pour seulement 600 yens (3,2 euros). Elle ajoute en riant « ce n’est pas de la chasse aux bénéfices pour nous ».
Plein d’articles amusants autour du sushi
« Tsukiji 1935 » est un magasin insolite qui vend des articles miniatures en forme de sushi, et il n’est pas rare de voir des attroupements devant l’entrée.
Yokaze Natsuko aime tellement le sushi qu’elle a voulu en faire des accessoires. Ses adorables confections se déclinent en colliers, boucles d’oreilles, sangles de téléphones portables ou stylos à bille.
Après avoir dégusté de succulents produits de la mer dans les établissements du coin, on peut voir des clients passant par la boutique de Yokaze Natsukon et en ressortir avec une quantité d’accessoires qu’ils ont achetés comme souvenirs amusants de leur visite à Tsukiji.
Cela fait un certain temps que les jeunes consomment moins de produits de la mer qu’auparavant, mais avec l’arrivée de nouvelles créations mettant en valeur les poissons et les fruits de mer, qui allient saveur et esthétique, des couleurs vives et un côté kawaii, nul doute que le regain d’intérêt est pour bientôt !
(Toutes les photos sont de Nippon.com, sauf mention contraire.)












