Un Trésor national vivant qui attire de nombreux visiteurs
Le directeur général Yamada Ritsu nous explique que les gens ont non seulement une idée fausse des méthodes de production, mais aussi des métiers traditionnels eux-mêmes. « Les produits artisanaux ne sont finalement rien de plus que des outils. Ils n’ont de signification dans la vie des gens que lorsqu’ils sont utilisés à leurs tables. » Il fait également écho aux propos du président de l’entreprise, Tamagawa Motoyuki, septième génération, qui décrit l’artisanat traditionnel comme « un processus continu d’innovation ».
L’entreprise Gyokusendô s’appelait initialement Yakan-ya Kakubei, et fabriquait principalement des bouilloires (yakan). La firme a commencé à exposer ses marchandises lors d’expositions universelles, dès 1873, à Vienne. Ensuite, les propriétaires de deuxième et troisième génération se sont mis à utiliser la gravure et d’autres décorations, ajoutant des éléments artistiques à leurs créations.
La plus grande innovation de ces dernières années a été l’incorporation de la technique du métal à grain de bois par Tamagawa Norio, le père de Tatsushi. Plus de 20 feuilles de métal de différentes couleurs, telles que le cuivre, l’argent et le cuivre rouge, sont superposées et fusionnées. La surface est ensuite grattée avec un ciseau tout en étant martelée, ce qui fait ressortir un motif de grain de bois richement coloré sur la surface. Tamagawa Norio a été reconnu Trésor national vivant en 2010, le premier artisan de cuivre tsuiki à avoir reçu cette distinction.

Après que Tamagawa Norio a été reconnu Trésor national vivant, le nombre de visiteurs a rapidement augmenté. Il y a 5 ans, lorsque l’entreprise a pour la première fois compté le nombre de ses visiteurs, elle en recevait 700 par an. Ce chiffre était passé à 5 500 en 2016, dont environ 400 venaient de pays étrangers.
« À peu près au même moment, notre marque Tsubame Sanjô s’est fait connaître au Japon et à l’étranger, et je pense que cela a également eu un certain effet. Ce fut un heureux retournement de situation », a déclaré Yamada Ritsu. Même ainsi, loin de se satisfaire de cette situation et de se reposer sur ses lauriers, Gyokusendô continue d’innover. Il y a sept ans, l’entreprise a embauché la première femme artisan en 200 ans d’histoire ; aujourd’hui ce nombre est passé à six. Puis, en avril 2017, la société a ouvert un magasin à Ginza Six, un grand complexe commercial haut de gamme à Tokyo, qui a fait parler de lui en raison de ses nombreuses installations luxueuses dédiées aux touristes visitant le Japon.
« Depuis Ginza, nous espérons faire connaître au monde entier nos pièces de cuivre tsuiki ainsi que la marque Tsubame Sanjô », explique Yamada Ritsu. « Nous voyons le magasin Ginza comme un moyen de familiariser le public à l’art du cuivre. Notre principal objectif est d’attirer les gens jusqu’à notre boutique et à notre atelier à Tsubame. Nous aimerions que les visiteurs entendent le son des marteaux, hument les effluves des solutions que nous utilisons et ressentent la chaleur du feu. Nous espérons qu’ils comprendront alors tout le cœur à l’ouvrage que nous mettons dans nos produits lorsqu’ils les achèteront et les utiliseront avec soin. »
Boutique principale Gyokusendô
- Adresse : 2-2-21 Chuô-dôri, Tsubame-shi, Niigata-ken, 959-1244 JAPON
- Heures d’ouverture : de lundi à samedi de 8h30 à 17h30
(Photos : Kodera Kei)


