Pourquoi intégrer les kanbutsu dans son quotidien ?

La majorité des kanbutsu demandent environ 20 minutes pour être réhydratés par un apport d’eau. Cela vaut aussi bien pour les kanbutsu préparés à la maison que pour ceux achetés en magasin. Une fois rapportés chez vous, il ne vous reste plus qu’à les faire tremper quelques minutes. À votre retour à la cuisine une fois sorti de la douche, ils sont fin prêts et n’attendent plus que vous – fini le travail de préparation !

Certains ingrédients prennent davantage de temps – jusqu’à huit heures environ pour les haricots secs. Mais même dans ce cas, vos kanbutsu seront prêts à l’emploi en un rien de temps pour peu que vous n’oubliez pas de les mettre à tremper avant de vous coucher, ou le matin avant de partir au travail. Une fois prise l’habitude de planifier vos menus à l’avance, l’usage des kanbutsu vous sera presque toujours bénéfique en termes de gains de temps de préparation et de cuisson, sans parler de leur goût incomparable.

Les possibilités d’utilisation des kanbutsu ne se limitent pas à la nourriture traditionnelle japonaise. Les mêmes procédés peuvent être appliqués aux cuisines européennes et asiatiques – en fait à tous les styles de cuisine en vigueur dans le monde.

Quand vous aurez pris l’habitude de toujours garder à la cuisine une réserve de légumes secs faits à la maison, vous vous apercevrez qu’il est étonnamment facile de préparer un repas sans avoir besoin d’un couteau ou d’une planche à découper, tout simplement en utilisant des kanbutsu comme ingrédients d’un ragoût ou d’un plat de pâtes.

Parmi les articles qui ont eu du succès à Milan figurait un plat à base de niboshi (sardines séchées) trempées dans du yaourt, puis saupoudrées de farine et d’herbes aromatiques avant d’être frites à l’huile d’olive. Pour les reconstituer avant cuisson, Les kanbutsu n’ont pas toujours besoin d’être plongés dans l’eau. N’importe quel liquide peut faire l’affaire : jus d’orange ou de tomate, lait, bouillon de viande ou de légumes...

Curry de kanbutsu orné de généreuses tranches de daikon et kanbutsu de shiitake.
Curry de kanbutsu orné de généreuses tranches de radis blanc daikon séché et de champignons shiitake séchés.

Utiles en temps normal, utiles en temps de crise

L’expression « phase free » désigne une philosophie qui gagne du terrain au Japon depuis quelques années. L’idée est d’abolir les lignes de démarcation entre la normalité de tous les jours et les moments d’urgence. Les choses utiles dans la vie quotidienne peuvent aussi s’avérer bénéfiques dans les situations qui sortent de l’ordinaire. La diffusion de cette approche de la fabrication des produits et de cette conception de la vie peut faciliter la mise en place d’une société dans laquelle les gens sont mieux armés pour affronter les moments de crise sans céder à une panique indue.

Les kanbutsu sont en parfaite adéquation avec la philosophie « phase free ». Leur intégration dans votre cuisine transforme la préparation quotidienne de la nourriture en une pratique utile en prévision de la prochaine grande catastrophe.

La crise du Covid-19, les confinements et les appels des autorités demandant aux citoyens de rester chez eux ont généré dans les populations une conscience aiguë de la nécessité impérieuse de se procurer et de préparer des aliments en cas de crise. Le Japon a la chance d’avoir une longue histoire et une culture ancienne de l’usage des kanbutsu dans la cuisine et de leur intégration dans la vie quotidienne. Je veux continuer d’enrichir ma connaissance de cette culture et de cette histoire fascinantes, afin d’en faire bénéficier les populations du monde entier et de leur apporter des recettes adaptées à la vie quotidienne.

Un ragoût de kanbutsu
Un ragoût de kanbutsu

(Toutes les photos sont de l’auteur)