Hydroponie et culture en pleine terre
Le wasabi se cultive de deux manières : en hydroponie ou en plein sol. Le wasabi le plus répandu au Japon est le sawa-wasabi (Wasabia japonica Matsumura, ou wasabi d’eau douce), grâce aux nombreux ruisseaux. Le hata-wasabi quant à lui est cultivé dans des régions fraîches et boisées. Le wasabi est une plante délicate, particulièrement sensible aux écarts de température. Les cours d’eau doivent être maintenus entre 12 et 13 degrés, et rester sous la barre des 16 degrés même en été.
La méthode traditionnelle, appelée tatamiishi, est principalement utilisée dans la région du mont Amagi dans la préfecture de Shizuoka, où l’on peut y admirer des cultures en terrasse. Cette méthode, dont les origines remontent à plus de 400 ans, a été reconnue en 2018 comme Système ingénieux du patrimoine agricole mondial, par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Les cultivateurs creusent une fondation qu’ils recouvrent de couches de grosses pierres, de graviers, puis de terre sableuse. Le wasabi est ensuite planté en surface, où de l’eau de source s’écoule. Bien que cette méthode requière beaucoup d’eau, l’aération optimale du sol permet à la plante une croissance rapide. La méthode en pleine terre, heichi, usitée principalement dans la préfecture de Nagano, qui, avec celle de Shizuoka, constitue l’une des principales régions productrices de wasabi, consiste à creuser sur une profondeur d’un ou deux mètres dans un sol plat le long des cours d’eau afin d’y former des monticules dans lesquels le wasabi est planté.
Le hata-wasabi, cultivé dans les vallées des montagnes aux alentours des préfectures d’Iwate ou de Shizuoka entre autres, a besoin d’étés frais, d’hivers doux et d’un bon système de drainage. On le retrouve principalement dans les produits transformés et dans la pâte de wasabi neri-wasabi, faite à partir d’une poudre de wasabi séché.
Le wasabi par-delà les frontières
Bien que la majorité du wasabi consommé sur l’Archipel soit produite dans les préfectures de Nagano et Shizuoka, la production nationale diminue chaque année. Le hata-wasabi est le type le plus fréquemment cultivé, et comme il est également produit à l’étranger, il est importé en grandes quantités depuis Taïwan, la Chine ou l’Indonésie. Cependant, certains pays se sont lancés dans la culture du sawa-wasabi, dont la demande ne cesse d’augmenter en raison de l’intérêt des consommateurs pour le wasabi cultivé dans la tradition purement japonaise.
Produits transformés
Chaque foyer japonais a un tube de pâte neri-wasabi. Son goût, moins sucré, diffère du wasabi frais, mais il est beaucoup plus accessible en comparaison. Il s’agit généralement d’un mélange de wasabi et de raifort, mais on trouve également des produits contenant uniquement du hon-wasabi ou ne contenant aucun colorant. Plus sa composition contient de hon-wasabi, plus son prix augmente.
Le wasabi-zuke est un mets mariné à base de feuilles, tiges et racines de wasabi, macérées dans des lies de saké. C’est une spécialité des régions productrices de wasabi, et il sert souvent d’accompagnement aux boissons alcoolisées. On peut également le mélanger à de la sauce soja pour accompagner les kamaboko ou autres produits à base de pâte de poisson, connus sous le nom de nerimono.
(Photo de titre : du wasabi et ses feuilles, avec une râpe en peau de requin samegawa. Pixta)



